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Opinion: Ce que nous devons apprendre de L’Affaire Zanchetta


Mgr Gustavo Zanchetta, évêque argentin, accusé d’avoir abusé sexuellement de jeunes hommes dans le nord de l’Argentine, siège au tribunal d’Or·n, Argentine, Fév. 21, 2022. Mgr Zanchetta, évêque à la retraite d’Or·n, a été condamné à 4 1/2 ans de prison pour avoir abusé des étudiants du Séminaire Saint-Jean XXIII. (Photo CNS / Judiciaire de Salta / document via Reuters)

Toute la triste affaire de Mgr Gustavo Zanchetta, intolérablement émérite d’Orán en Argentine et aujourd’hui délinquant sexuel condamné à quatre ans et six mois de prison pour avoir agressé deux de ses propres séminaristes, illustre de manière dramatique les échecs majeurs de la direction. Il témoigne également d’un clivage culturel général – dans l’Église et dans la société – avec lequel nous ne sommes pas réellement aux prises.

Une brève répétition du L’Affaire Zanchettales détails saillants sont en ordre.

Le pape François a eu parole – étayés par des preuves – de la mauvaise conduite de Mgr Zanchetta en 2015. Il a entendu des allégations plus graves, à nouveau étayées par des preuves importantes, et a reçu au moins des plaintes semi-officielles en 2017. Ce n’est qu’après les avoir reçus que François accepta la démission de Zanchetta.

François a autorisé Zanchetta à démissionner de son siège pour des “raisons de santé” et l’a envoyé chez un fidèle confrère jésuite pour une évaluation psychologique et un traitement. François a ensuite créé un poste pour Zanchetta au sein de l’Administration du Patrimoine du Siège apostolique — l’APSA, à peu près la banque centrale du Vatican — qui supervise les avoirs immobiliers et financiers du Vatican. Il convient de mentionner que François était au courant de la gestion financière gravement ambiguë de Zanchetta à Orán au moment où il a créé le poste pour Zanchetta, dont les détails impliqueraient un défaut de déclaration des revenus de la vente de certaines propriétés de l’Église.

Le pape François a connu Zanchetta de leurs journées ensemble à la conférence épiscopale d’Argentine, où Zanchetta était sous-secrétaire exécutif pendant le mandat du cardinal Jorge Mario Bergoglio de Buenos Aires en tant que président de 2005 à 2011.

C’est assez grave, suppose-t-on, mais il y a plus. Le Bureau de presse du Saint-Siège a nié que Mgr Zanchetta ait eu des plaintes d’inconduite sexuelle contre lui jusqu’à l’automne 2018, une affirmation qui pourrait évitez une accusation de mensonge seulement par une analyse très minutieuse.

François a suspendu l’évêque Zanchetta de son poste à l’APSA, mais l’a fait en retraite avec le reste de la Curie romaine peu de temps après.

Plus tard en 2019, Crux signaler que Mgr Zanchetta avait obtenu l’autorisation – du juge qui présidait son procès pour abus sexuel criminel en Argentine – de se rendre à Rome. Zanchetta a obtenu cette autorisation sur la base d’une lettre du sostituto de la Secrétairerie d’État du Saint–Siège – à peu près le chef de cabinet du Pape et l’homme numéro trois de la Curie – l’archevêque Edgar Peña Parra, qui a écrit pour dire que Zanchetta devait accomplir son « travail quotidien” au Vatican, malgré la promesse du Saint-Siège dans un Déclaration du 4 janvier que Zanchetta « s’abstiendrait du travail” pendant l’enquête.

Un jeu prolongé de « Où est l’évêque Zanchetta dans le monde? »s’en est suivi, alors qu’il faisait des allers-retours, des retours et des retours, de l’Argentine au Vatican, apparemment, jusqu’au procès pénal qui a débuté le mois dernier en Argentine – apparemment sans documents les procureurs avaient demandé au Vatican – et se sont soldés par la condamnation de Zanchetta.

Que les échecs de leadership se retrouvent au sommet de la gouvernance de l’Église ne fait qu’intensifier le drame de ceux-ci. Le pape François était au courant de l’évêque Zanchetta en 2015 – en savait plus que suffisant pour le destituer et ordonner une enquête – mais d’abord décider pour prendre la parole du prélat sur les preuves, puis a décidé de protéger l’homme d’Église plutôt que de l’exposer à la justice. Même après qu’il est devenu impossible de garder Zanchetta entièrement hors de portée du bras séculier, François s’est assuré que la machine du gouvernement du Vatican ferait de grands efforts pour l’isoler – et le Vatican, et le pape lui–même – des conséquences.

Pendant que tout cela se déroulait, il a rencontré quelque chose d’un haussement d’épaules collectif et terrifié – tant au Vatican qu’en Argentine – et a rester surtout une histoire catholique “à l’intérieur du baseball”, malgré une couverture importante dans la presse grand public. Le monde se soucie peu de l’Église, et les catholiques du monde se soucient d’elle aussi. Il y a un sens dans lequel les choses ont toujours été ainsi, et un sens profond dans lequel elles doivent toujours être ainsi, mais il est également vrai que les catholiques sont mal équipés et ne veulent pas repousser l’entreprise où et comment pousser est nécessaire.

Les catholiques les plus engagés préfèrent apparemment s’engueuler sur la manière dont un prêtre doit faire face lors de la célébration de la Messe, plutôt que d’exploiter leurs énergies considérables et de les amener à se pencher sur les problèmes de gouvernance. La doctrine est importante, comme la prière de l’Église est importante – même suprêmement – mais l’Église est indéfectible et la doctrine a une façon de se développer. Par définition, ce n’est pas le cas de la gouvernance. Cela ne peut se terminer que par catastrophe.

La grande question est: Et si un autre évêque sur Terre avait fait ce que François a fait?

Francis lui-même a un ad hoc approche aux évêques accusés de malversations, malgré ses réformes phares – principalement Comme une mère aimante et Vos estis lux mundi – ostensiblement conçu pour mettre de l’ordre précisément sur ces questions, mais tendant dans leur application inconstante plutôt à augmenter le trouble dans les affaires ecclésiastiques.

Le refus collectif de la hiérarchie de reconnaître les échecs de la direction, couplé à notre refus continu de voir la rupture de la culture pour ce qu’elle est, rendent impossible une réforme significative de la société qu’est l’Église. Ces échecs et ces refus ont déjà paralysé l’Église dans sa capacité à témoigner de l’Évangile. Si elles ne sont pas traitées, elles entraîneront un grave préjudice et même l’effondrement des institutions de l’Église.


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