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Éminent Théologien pré-Vatican II: Un Pape hérétique est Impossible

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Fr. Felix Cappello, S. J., sur une question brûlante…

Éminent Théologien Pré-Vatican II:
Un Pape Hérétique est Impossible

jésuite Fr. Felix Cappello (1879-1962) était un théologien exceptionnel de l’Église catholique. Il est titulaire de doctorats en théologie sacrée, philosophie et droit canonique. Il a enseigné au Université Pontificale Grégorienne de 1920 à 1959, il a été conseiller du Vatican.

En 1911/12, Fr. L’œuvre en 2 volumes de Cappello De Curia Romana (« Sur la Curie romaine”) a été publié. Le volume 2 traite spécifiquement de la Curie romaine à une époque où il n’y a pas de Pape, l’État de siège vacant. Il contient un traitement de la question du « Pape hérétique » (Papa haereticus) et si l’Église a le pouvoir de le déposer. C’est une question qui présente un grand intérêt de nos jours et qui existe depuis un certain temps, même au Vatican:

Récemment Taylor Marshall soulevé cette question (dans ce clip), et le duo anti-sédévacantiste John Salza et Robert Siscoe ont concentré une grande partie de leur attention là-dessus. Nous avons donc jugé utile de présenter cet article au public dans une traduction anglaise exclusive.

L’écriture en 1912, avant le Concile, Fr. Cappello n’est évidemment pas influencé par le désordre ecclésial actuel, et il n’est donc pas partial sur la question d’une manière ou d’une autre. En même temps, l’écriture après le Premier Concile du Vatican et aussi le pontificat du pape Léon XIII, son traité théologique est informé par une richesse d’enseignements dogmatiques et doctrinaux qui ont été émis par le magistère papal au 19ème siècle, un avantage que de nombreux théologiens du passé qui ont discuté de la question de la Papa haereticus n’avait pas.

Ainsi Fr. L’analyse de Cappello est à la fois extrêmement compétente et impartiale. C’est un scénario du meilleur des deux mondes.


ARTICLE II

Si le Pontife romain peut être déposé par les Cardinaux ou par un Concile général

1. Des opinions erronées. – Une erreur multiple, qui a clairement le goût de l’hérésie, a été soulevée par les royalistes et par d’autres pseudo-catholiques, plus ou moins imprégnés des principes du gallicanisme.

1º Certains enseignent que les cardinaux ont le droit, non seulement d’élire le Souverain Pontife, mais aussi de le déposer pour une juste cause.

2º D’autres affirment que le pouvoir de déposer le Pape appartient à la société universelle des fidèles, c’est-à-dire à l’Église.

3º D’autres disent que la faculté susmentionnée n’appartient pas aux cardinaux, ni à l’Église ou à la communauté des fidèles, mais seulement à un Conseil général. D’où la proposition du gallicanisme: « Les Conciles œcuméniques sont au-dessus du Pape, même en dehors du temps du schisme.”

4º Certains disent que le Pontife romain doit être déposé par un Conseil général lorsqu’une cause des plus graves doit survenir, telle que: a) s’il gouverne l’Église de manière inepte; b) s’il devient odieux à la compagnie des évêques ou des fidèles; c) s’il gouverne ses sujets impieusement ou injustement; d) s’il mène une vie honteuse; e) s’il tombe dans l’hérésie.

5º D’autres restreignent l’autorité des Conciles œcuméniques de déposer le Pape à des cas extraordinaires seulement, par exemple, s’il est scandaleux, hérétique ou d’une légitimité douteuse. Ainsi voir Bossuet [Défense, lib. X, cap. XXI.].

6º Il ne manque pas aussi des médecins qui disent que le Pontife romain pour certains crimes plus atroces, en particulier pour la dépravation morale, l’hérésie, etc., perd juridiction ipso facto, de sorte qu’aucune peine de déposition n’est requise d’un Conseil général; tout au plus, disent-ils, une simple condamnation déclaratoire du crime est requise et suffisante.

De telles opinions sont clairement erronées, comme il ressort clairement de ce qui est dit ci-dessous.

2. La question d’un Pape hérétique. – C’est un dogme catholique que lorsque le Pontife romain parle ex cathedra, c’est-à-dire lorsqu’il remplit le devoir de pasteur et d’enseignant de tous les chrétiens, il est infaillible par une assistance spéciale du Saint-Esprit. Ainsi, la présente question ne considère pas le Pontife en tant que Pasteur universel et Enseignant de l’Église, mais plutôt en tant qu’il est considéré comme un personne privée. À ce sujet, les auteurs demandent généralement si un pontife romain qui tombe dans l’hérésie perd le pouvoir suprême ipso facto, ou s’il doit être déposé par un Concile œcuménique.

Nous verrons ci-dessous si la supposition doit être admise ou non. Diverses opinions sont communément admises.


Le premier affirme que le Pontife romain perd la juridiction papale ipso facto pour hérésie, même occulte hérésie, sans exigence qu’il soit déposé [cfr. Palmieri, De Romano Pontifice, p. 40].

Le deuxième affirme que par notoire et ouvertement divulguer hérésie le Pape est privé de son pouvoir ipso facto, avant toute sentence déclaratoire que ce soit [cfr. Bellarm., De R. Pontif., lib. II, cap. 30; Bouix, De Papa, de. II, p. 653 et suiv.].

Le troisième soutient que le Pontife romain ne tombe pas de son pouvoir ipso facto, même à cause de l’hérésie qui est notoire ou public; mais néanmoins il peut et doit être déposé par une phrase, au moins une qui déclare le crime [Cfr. Suarez, De bonne foi, disp. 10, sect. 6, n. 6 sq.].


Le quatrième soutient que le Souverain Pontife ne perd pas sa juridiction à cause de l’hérésie, ni ne peut-il en être privé par déposition [Cfr. Bellarm., l. c.].

Le cinquième déclare que le Pontife romain ne peut pas tomber dans l’hérésie, pas même en tant que médecin privé; c’est-à-dire qu’il nie la supposition elle-même [cf. Billot, to. III, p. 141 m2].

Laquelle de ces opinions est la plus probable?



3. La doctrine catholique à tenir. – Premièrement, il est certain que le Pontife romain n’est pas soumis au Collège des Cardinaux, ni à un concile d’évêques, car il est lui-même l’Évêque des évêques, le pasteur des pasteurs, le chef de toutes les Églises particulières et de l’Église universelle elle-même. Par conséquent, le Pape est simplement et absolument au-dessus de l’Église universelle, et au-dessus d’un Concile général, de sorte qu’au-dessus de lui-même, il ne reconnaît personne sur terre comme son Supérieur [cf. Bellarm., De Concil. auct., lib. II, cap. XIII ss.].

Il ne convient donc pas d’affirmer que les Cardinaux ou les évêques réunis ont le droit de déposer le Pontife romain. Et en effet:

a) Le Christ a établi Pierre et ses successeurs, et non les cardinaux ou les évêques, comme fondement de l’Église. Maintenant, si le Collège des Cardinaux ou un Conseil des évêques pouvait déposer le Pontife, ne serions-nous pas obligés de dire que ces Cardinaux et évêques sont le fondement de l’Église, contre la volonté positive du Christ?

b) Le Christ a commis le devoir de nourrir les agneaux et les brebis, ainsi que de confirmer les frères dans la foi, à Pierre et à ses successeurs. Mais si le Pape pouvait être déposé, ce ne serait pas lui qui nourrirait ou confirmerait, mais plutôt il serait nourri et confirmé par d’autres.

c) Le Pontife romain possède un pouvoir plein et complet dans l’Église, de sorte qu’indépendamment de lui, aucun pouvoir n’existe en fait ni ne peut être conçu.

d) Les évêques n’ont aucune juridiction, ou du moins ils ne peuvent jamais l’exercer valablement et licitement, sauf dans la mesure où ils dépendent du Souverain Pontife; mais s’ils avaient le droit de déposer le Pape, ils agiraient ainsi non seulement indépendamment du Pape, mais contre lui.

e) Un Concile général n’a aucune valeur, à moins que le Pontife romain ne le convoque, ne le préside et ne confirme ses actes par son autorité suprême.

f) Les évêques et les autres n’ont aucun pouvoir, que dans la mesure où il leur est accordé par la loi divine, ou la [loi] naturelle ou ecclésiastique. Mais ni la loi divine, ni la loi naturelle ni la loi ecclésiastique n’accordent aux évêques et autres prélats le pouvoir de déposer le Pontife romain. Ainsi [la conclusion suit].

g) Tout ce qui est fait par des évêques ou des cardinaux, ou par toute autre personne, dans la mesure où ils sont en dehors de l’Église, doit être considéré comme sans valeur et illicite. Car là où est Pierre, ou le Pontife romain, il y a l’Église, selon l’axiome des Saints Pères; par conséquent, si quelqu’un veut agir contre le Pape, par ce fait même, il est en dehors de l’Église et agit donc à tort. Ainsi, le droit de déposer le Pontife romain, peu importe sous quel aspect il est considéré et dans quel cas il est considéré comme apte à être utilisé, doit être considéré comme une absurdité, comme étant manifestement répugnant à la volonté positive du Christ, à la nature de la Primauté et à la constitution essentielle de l’Église.

h) Le huitième Concile œcuménique, acte VIII, a déclaré “  » Nous lisons que le Pontife romain a jugé tous les évêques des Églises, mais nous ne lisons pas que quelqu’un a jugé de lui.”

i) Le Cinquième Concile du Latran, sess. XI a enseigné “  » Que le Pontife romain seul, en tant qu’autorité sur tous les conciles, a le plein droit et le pouvoir d’appeler, de transférer et de dissoudre les conciles, est clair non seulement à partir du témoignage de l’Écriture Sainte, des paroles des saints Pères [de l’Église] et d’autres Pontifes romains, mais aussi par la confession de ces conciles eux-mêmes.”

[N.B.: Les lettres j et k n’existent pas dans l’alphabet latin.]

l) [Le pape] Gélase, dans son épître aux évêques de Dardanie, dit: “L’Église du monde entier sait que le Saint-Siège romain a le droit de juger tout le monde et que personne n’est autorisé à porter un jugement sur son jugement.”

m) [Le pape] Nicolas Ier, dans son épître à Michel, écrit: “Il est parfaitement clair que le jugement du Siège apostolique, dont l’autorité n’est surpassée par aucune autre, ne doit être révisé par personne.”

n) [Pape] Grégoire [Lib. 9, épître. 39 ad Théotistam.]: « Si le bienheureux Pierre, dit-il, lorsqu’il a été blâmé par les fidèles, avait prêté attention à l’autorité qu’il avait reçue dans la sainte Église, il aurait pu répondre: que les brebis n’osent pas réprimander leur pasteur.”

o) [Pape] Boniface VIII [Dans extrav. À propos de Viam sanctam, branlette. de maiorit. et obéissant.]: « Si, dit – il, une puissance terrestre se trompe, elle doit être jugée par la puissance spirituelle. Si le spirituel va mal, le moindre [est jugé] par le plus grand, mais si le suprême [le pouvoir va mal, il est jugé] par Dieu seul, car il ne peut être jugé par l’homme.”

L’opinion la plus probable, en fait certain, si nous pouvons donner notre avis, est le dernier, à savoir celui qui affirme que le Pontife romain ne peut pas tomber dans l’hérésie, même en tant que médecin privé.

Par conséquent, le Pape ne peut en aucun cas être destitué, ni directement par une condamnation, ni indirectement par une condamnation qui ne fait que déclarer le crime.

La raison en est claire.

a) Le Christ Seigneur a établi l’Église de manière à assurer sa bonne gouvernance et le bénéfice spirituel des fidèles. Mais si le Pontife romain pouvait devenir un hérétique en tant que médecin privé, cela conduirait sans doute plus ou moins à nuire et à déshonorer l’Église.

b) Christ a dit absolument et simplement: “Mais j’ai prié pour vous, afin que votre foi ne défaille pas; lorsque vous serez convertis, affermissez vos frères” [Lc 22:32], sans faire de distinction entre privé ou public fonction d’enseignement.

c) Le Pontife romain, par la force de la Primauté, doit se conduire par l’intention positive du Christ, de telle sorte qu’il soit digne de la pleine confiance de la part de ses sujets. Mais quelle confiance pourrait-il mériter, s’il pouvait lui-même se tromper comme les autres peuvent le faire?

d) Il est difficile de distinguer dans les cas individuels si le Pape a parlé ex cathedra ou seulement en tant que médecin privé, et par conséquent s’il est infaillible ou s’il est sujet à l’erreur comme le sont les autres hommes. Par conséquent, les fidèles, pour une bonne raison, resteraient coincés dans le doute quant à savoir si une doctrine doit être acceptée la tête baissée comme étant proposée par le Pontife, ou autrement. De là, surgiraient de très nombreux doutes, questions, angoisses des âmes. Tous ces inconvénients s’évaporent clairement, si notre opinion est acceptée.

e) Les arguments sur lesquels s’appuient les partisans des opinions opposées ne sont d’aucune force. Ainsi: 1º le exemple de [Pape] Liberius ou d’un autre pontife hérétique est à notre époque rejetée à juste titre, comme l’histoire critique a montré qu’il est faux, comme on peut le voir parmi les auteurs plus récents à ce sujet; 2º Canons c. 6, D. 40, c. 13. C. II, q. 7, qui parlent d’un pape hérétique sont apocryphes; 3º Les paroles de [Pape] Innocent III [Serm. IV in consecratione Pontificis] sont soit à renvoyer en général aux pontifes, c’est-à-dire aux évêques; ou ne doivent pas être compris de l’hérésie proprement dite; ou enfin, comme le soutiennent pas mal d’auteurs, sont apocryphes.

À la lumière de tout cela, avec raison, nous concluons que l’opinion qui affirme que le Pontife romain ne peut pas devenir un hérétique, même en tant que médecin privé, est très probable, en effet, selon notre jugement est tout à fait certain.


Source: Révérend Felix M. Cappello, De Curia Romana iuxta Reformationem à Pio X, vol. II: De Curia Romana  » Siège Vacant” (Rome: Fridericus Pustet, 1912), pp. 8-13. Impression en gras et italique dans l’original. Nous remercions le bénévole qui a traduit le Père. L’article de Cappello et lui a permis d’être publié.


Sans surprise, Fr. La position de Cappello est en accord avec celle de saint Robert Bellarmin: “Il est probable et peut être pieusement cru que non seulement en tant que « Pape » le Souverain Pontife ne peut pas se tromper, mais il ne peut pas être hérétique même en tant que personne particulière en croyant pertinemment quelque chose de faux contre la foi” (De Romano Pontifice, Livre IV, Chapitre 6).

Néanmoins, saint Robert Bellarmin a reconnu que cette position “n’est pas certaine, et l’opinion commune est contraire”, dès l’époque où il écrivait (XVIe / XVIIe siècles), c’est pourquoi il a exploré la question en profondeur:

Il faut se rappeler que le Cardinal Bellarmin n’avait encore été déclaré ni Saint ni Docteur de l’Église lorsque le Père. Cappello De Curia Romana a été publié au début des années 1910.

Pour plus de lecture sur ce sujet, nous vous recommandons les articles suivants:

Il est important de comprendre que, bien que la résolution correcte de la question du “Pape hérétique” ait sa pertinence et son utilité pour la position sédévacantiste, la validité du sédévacantisme n’en dépend pas du tout. Il y a plus d’une façon d’arriver à la conclusion que François ne peut pas être un pape valide, et toutes ne nécessitent pas de considérer que François est personnellement coupable du péché d’hérésie. Voici quelques arguments alternatifs:

En ce qui concerne la personne de Fr. Cappello, il y a un clip vidéo qui comprend des photos de lui disponible ici.

Qu’il repose en paix.

Source de l’image: iuscangreg.it
Licence: utilisation équitable

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