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Bianchi et l’identité perdue de la communauté de Bose


Le pape François rencontre Enzo Bianchi, fondateur et ancien prieur du Monastère œcuménique de Bose, au Vatican en ce mois de janvier. 12, 2019, photo de fichier. Après une visite apostolique du monastère du nord de l’Italie, le Vatican a ordonné à Bianchi et à trois autres membres de quitter la communauté. (Photo CNS / Vatican Media)

Qu’est-il arrivé à la communauté de Bose depuis Avril de l’année dernière?

À partir du 30 janvier 2022, après le conseil général, la communauté monastique de Bose a élu un nouveau prieur, Sabino Chialà, qui est avec la communauté depuis 1989. Fr. Chialà est un érudit de l’hébreu et du syriaque et un spécialiste de l’orient chrétien des premiers siècles et des Pères du Désert, et est auteur de nombreux articles et documents de conférence. Dans un récent entrevue, le nouveau prieur – seulement le deuxième prieur, après le fondateur, Fr. Enzo Bianchi – lorsqu’on lui a demandé ce qu’il pensait du monachisme contemporain, de la vie religieuse en général et du nombre croissant de religieux, il a répondu:

Souvent, nous parlons de la ”crise » du monachisme ou de la vie religieuse, et nous pensons aux chiffres décroissants. Je crois plutôt que la véritable crise est celle de l’identité.

Cela invite à la question: Le nouveau prieur apportera-t-il une nouvelle identité à Bose et sera-t-il conforme à la tradition monastique catholique millénaire? La crise de Bose est en effet une crise d’identité. Le nouveau prieur apportera-t-il paix et unité à cette communauté monastique mixte expérimentale ? L’élection du nouveau prieur mettra-t-elle fin à la tourmente de deux ans qui a mis la communauté et son fondateur Bianchi sur place?

Le fondateur de Bose, Bianchi, qui a reçu l’ordre par un décret pontifical (13 mai 2020) de quitter définitivement la communauté de Bose, a acheté et rénove actuellement une ferme et un grand terrain à Albiano d’Ivrea, dans la province de Turin, à environ huit miles de Bose. La maison est de taille et de valeur monétaire considérables; elle dispose de dix-huit chambres, d’une cour et de sept hectares de terrain, et elle est facilement accessible depuis l’autoroute afin que le fondateur de Bose puisse continuer à servir tous ceux qui ont besoin d’hospitalité, comme l’écrit Bianchi dans un récent tweet tout en affichant ses poivrons farcis fraîchement sortis du four: “Venez déjeuner, vous trouverez des plats savoureux et nous converserons en paix.”

Il n’y a aucune information sur qui vivra avec Bianchi dans la ferme restructurée. Est-ce un nouveau Bose, une nouvelle communauté? Albiano sera-t-il un refuge pour tous ces frères et sœurs qui pourraient quitter Bose? Et d’où vient l’argent pour un tel investissement? Règle de Bose (22) sur Pauvreté prescrire:

Vous [frères et sœurs] connaîtrez la pauvreté, en premier lieu, en plaçant vos biens et les rémunérations de votre travail en communion totale avec les autres. Vous remettrez votre salaire / salaire au frère nommé par le conseil, et ainsi les revenus ne seront plus les vôtres, mais ceux de la communauté. L’Évangile est dur et exigeant sur ce point: le partage des biens, y compris le manteau, est une exigence première et rudimentaire pour suivre Jésus.

Bianchi n’a pas expliqué les sources financières de ce nouvel investissement substantiel. Un des partisans de Bianchi et un ancien membre de Bose expliquer que des sommes ont été fournies:

Cela a été fait [acheté] grâce à l’aide de nombreux amis, semant le bien et aidant à son tour des milliers de personnes depuis plus de cinquante ans.

Ce nouvel investissement pourrait-il provoquer un nouveau scandale pour Bianchi et Bose? Potentiellement.

Sabino Chialà est le nouveau prieur – et non l’abbé – de Bose. Saint Benoît dans sa règle utilise avant plusieurs fois. Prieur est définitivement une position litigieuse pour Saint Benoît, en particulier concernant les prieurs qui se considèrent comme second abbé et exemptés de l’autorité de l’abbé, provoquant ainsi des conflits dans la communauté. Saint Benoît utilise un langage fort contre les prieurs; pour Saint Benoît, avoir un prieur n’est pas une bonne idée car tous les membres de la communauté doivent obéir à l’abba – père / abbé en tant que fils adoptifs.

Cependant, Bose n’a pas d’abbé car ce n’est pas une communauté monastique authentique. Au lieu de cela, il a un antérieur, qui est:

notpas plus grand que les autres, ni chef ni père, ni enseignant ni directeur, car tous ces titres et fonctions appartiennent au Christ seul (article 29)

L’abbé de Benoît est un père, qui en hébreu signifie générateur, et un enseignant de la doctrine juste; son enseignement ne dévie jamais des instructions du Seigneur. Tout ce qu’il enseigne est comme un levain de justice divine, et comme un père, il porte la responsabilité de ses enfants. Le rôle de prieur relève de celui d’abbé; le prieur est élu par la communauté mais a des tâches plus pratiques et quotidiennes, y compris la gestion économique et organisationnelle d’un monastère. Plusieurs grandes abbayes ont encore un abbé et un prieur, l’abbé ayant la priorité.

« Monastère » Bose est une nouvelle interprétation post-Vatican II du monachisme qui est très éloignée des idéaux monastiques du monachisme classique. En cinquante ans, Bose s’est transformé en une forme confuse de monachisme sans véritable identité monastique, et encore moins d’identité catholique. Bose a contribué à la confusion post-Vatican II et à de nouvelles interprétations des documents du Concile. Au fil des ans, il est devenu un partisan de la “discontinuité” et de la rupture avec la tradition; pour Bose, la tradition de l’Église a commencé avec Vatican II, qui a donné une impulsion à une nouvelle Église. Bianchi, même après la tourmente de deux ans, est toujours membre de la Conseil d’Administration de la Fondation Jean XXIII pour les Sciences Religieuses (École de Bologne) fondée par Giuseppe Alberigo, répertoriée comme:

professeur émérite de l’Université San Raffaele de Milan, fondateur et ancien prieur du monastère de Bose et membre à vie du Conseil d’administration.

Bianchi et Bose ont continué à faire la différence entre les conciles œcuméniques et les conciles généraux, indiquant que Vatican II était le début de la nouvelle Église. Bose et Bianchi devinrent des adeptes bruyants et populaires de l’école de Bologne et de l’herméneutique de la discontinuité et de la rupture.

La confusion et le danger sont graves. Selon le 22 décembre 2005 du Pape Benoît XVI adresse à la Curie romaine:

[L’herméneutique de la discontinuité] risque de se terminer par une scission entre l’Église préconciliaire et l’Église postconciliaire. Il affirme que les textes du Conseil en tant que tels n’expriment pas encore le véritable esprit du Conseil.

À Bose, l’Eucharistie n’est pas célébrée quotidiennement; les espèces eucharistiques ne sont pas dans le tabernacle — de peur d’offenser les membres non catholiques de la communauté. Il en va de même pour l’Adoration eucharistique, qui est absente à Bose. Il en va de même pour l’enseignement de l’Église sur le Péché originel, qui est absent de la pensée de Bianchi. La doctrine catholique, selon Bianchi, n’enseigne ni ne mentionne le Péché originel. En revanche, les déclarations du catéchisme de l’Église catholique (390) sur le Péché originel sont clairs et précis. Il dit que bien que la chute de la Genèse 3 utilise un langage figuratif, la Genèse affirme:

un événement primordial, un acte qui a eu lieu au début de l’histoire de l’homme. La révélation nous donne la certitude de la foi que toute l’histoire humaine est marquée par la faute originelle librement commise par notre premier parent

À cause de ces problèmes et d’autres, on se demande comment Bianchi et Bose continuent de répandre la non-vérité, pontifiant avec le plein soutien de la machine médiatique et des pontifes romains, de Jean-Paul II à Benoît XVI en passant par le pape François? La maîtrise de Bianchi dans l’utilisation des slogans du jour, ainsi que son charisme, ont camouflé sa théologie laïque, le rendant pour la plupart intouchable pendant cinquante ans.

Mais y a-t-il un espoir pour Bose? Comme l’a dit le prieur nouvellement élu, nous devons nous tourner vers le concept d’identité, en revenant aux racines du monachisme authentique. Les moines doivent commencer à être moines, sous les structures de l’Église. Le monachisme authentique, comme il l’a fait dans le passé, a le potentiel d’aider l’Église à sortir d’une crise profonde. Si les moines redeviennent moines, ils illumineront l’Église actuelle de la vitalité de l’Église au premier millénaire où l’Église était forte.

Pendant ce temps, plus d’une vingtaine de frères et sœurs ont quitté Bose depuis le scandale du fondateur. Mais les chiffres sont secondaires. C’est l’authenticité et la Catholicité qui comptent, comme le prophétisait le Père Joseph Ratzinger en 1968 : “ De la crise d’aujourd’hui émergera l’Église de demain, une Église qui a beaucoup perdu. Elle deviendra petite et devra recommencer plus ou moins depuis le début.”

L’authenticité, la crédibilité et la foi sont les plus importantes dans la construction et la fortification de l’Église de demain. Pour l’instant, Bose manque à tous les égards.


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