Election 2002
Les élections approchent, et il est important de bien comprendre les enjeux et les changements de société que les députés, le Président et le gouvernement devront gérer. D'autant plus que les conséquences sur la vie humaine seront importantes !
Alors prenez le temps de lire cette lettre et d'interpeller les candidats sur ces questions de société. Et gardez leurs promesses pour les leur rappeler le moment venu! Faites-le bien sûr avec courtoisie, convaincu mais sans agressivité.
Le statut de l'embryon
Avant 2002, toute expérimentation sur des embryons était interdite
par les lois bioéthiques de 1994. La récente révision de
ces lois bioéthiques adoptée en première lecture le 22
janvier 2002 a conduit à autoriser l'utilisation des embryons pour la
recherche et les expérimentations. Cela signifie utiliser l'être
humain comme cobaye avant de le faire mourir, car rappelons-le, la vie commence
dès la fécondation, et l'embryon est une personne. Selon Dieu,
elle a la même valeur qu'un enfant né ou un adulte.
C'est seulement sa forme extérieure qui fait la différence, car
l'embryon a absolument toutes ses caractéristiques dans son ADN. Il n'a
besoin que du nid bien chaud du ventre de sa mère, de protection et de
nourriture pour grandir. Dans les années à venir, on voudra aller
plus loin, et faire des expérimentations sur des fœtus ou des enfants
avant la naissance (dans le cas d'avortement par exemple).
Nier la vie dès son commencement conduira inévitablement à
des traumatismes pour l'humanité malgré toutes les belles perspectives
promises par la recherche (l'argument est " on sacrifie des embryons pour
le bien de ceux qui ont eu la chance de naître, donc puisque c'est pour
la bonne cause, alors on peut le faire ").
Les députés et sénateurs devront se prononcer sur la seconde lecture de ces lois d'ici la fin 2002.
Le clonage
Les mêmes lois sur la bioéthique prévoient d'interdire
le clonage reproductif, mais d'autoriser le clonage dit thérapeutique
(c'est à dire celui qui permettrait de créer des cellules souches
pour guérir quelques maladies).
Le raisonnement est subtil: en 1994, il était évident pour les
parlementaires qu'il fallait interdire le clonage.
En 2002, l'astuce consiste à dire qu'il y a en fait deux types de clonage:
un qui est dit " reproductif " et qu'on condamne avec virulence, et
un dit " thérapeutique " qui serait bon puisque destiné
à guérir des malades.
Le Premier ministre était favorable au clonage thérapeutique en
novembre 2000, mais s'y est ensuite opposé suite à un avis du
Conseil d'Etat en juin 2001. En janvier 2002, les députés semblaient
maintenant d'accord pour interdire cette pratique. Mais le débat va devoir
être repris et la pression de la recherche et des malades sera grande.
Dans la revue Géné-éthique, Jean-Marie Le Méné,
président de la Fondation Jérôme Lejeune, craint une autorisation
prochaine du clonage thérapeutique et de fait du clonage reproductif.
La recherche sur l 'embryon est selon lui la décision la plus grave.
En effet, au delà de l'autorisation donnée à la recherche
sur les embryons surnuméraires, le projet de loi stipule que la création
d'embryons pour la recherche sera autorisée pour évaluer de nouvelles
techniques de procréation médicalement assistée.
De nouveau, cette faille laisse la porte ouverte au clonage qui sera le recours
en cas d'insuffisance des techniques autorisées.
Enfin il souligne qu'avec la création de Agence de la procréation et de l'embryologie, l'évolution de la bioéthique sera désormais confiée " à un petit groupe d'experts bien pensants " et du coup sera soustraite au débat.
L'avortement
En 2001, le délai légal pour avorter est passé de 10 à 12 semaines de grossesse. Signe que loin de remettre en cause l'élimination d'un enfant à naître par sa mère et son père, la société va dans le sens d'un élargissement des victimes potentielles. En France l'avortement n'est plus depuis longtemps réservé à des cas de situation exceptionnelle comme il devrait être.
Les handicapés
A l'occasion de l'arrêt Perruche, des juges en étaient venus au
point de considérer que l'avortement est un devoir face à un enfant
à naître handicapé.
Rappelons les faits: en novembre 2000 les parents d'un enfant handicapé,
Nicolas Perruche, obtiennent de la justice qu'un médecin soit condamné
à leur verser des indemnités parce qu'il n'a pas détecté
que la mère avait eu une rubéole et donc qu'il y avait un risque
de handicap et une possibilité d'avorter. Pour la première fois,
les juges ont estimé que la mort était préférable
à la vie.
Dans cinq autres cas, la justice a ensuite confirmé la même chose.
Des familles d'handicapés ont été choquées et ont
créé le " Collectif contre l'handiphobie ". Grâce
à leur action, un débat public a eu lieu, et quelques parlementaires
ont déposé une proposition de loi affirmant que " nul ne
peut se prévaloir du préjudice d'être né ".
Sous la pression de l'opinion publique, le gouvernement a dû la mettre
à l'ordre du jour et elle a été votée en janvier
2002. Cela met un terme à la tendance de " devoir avorter "
un handicapé, et donc de culpabiliser les parents qui donneraient la
vie à un handicapé.
Dans les années à venir, ce sujet sera de nouveau d'actualité.
Et il est essentiel que des actions soient menées pour changer la façon
de voir les handicapés et pour mieux les accueillir.
L'euthanasie
A l'heure où nous écrivons ces lignes, une femme atteinte d'une
maladie incurable demande à la Cour Européenne de lui garantir
que son mari ne sera pas poursuivi s'il l'aide à mourir.
Bien que l'euthanasie soit encore interdite en France, 132 personnalités
ont déjà signé " l'appel à la désobéissance
civique en vue de la dépénalisation de l'euthanasie ". Aux
Pays-Bas le " droit de mourir " est dépénalisé
depuis avril 2000. Il n'y a aucun doute sur le fait que la pression pour que
le suicide assisté soit autorisé, deviendra de plus en plus grande.
Il est essentiel de donner une information juste, de développer un accompagnement
des personnes en fin de vie, trop souvent abandonnées ou culpabilisées
par leur entourage.
Il y a des alternatives, et la demande d'euthanasie est très rare dans
des structures de soins palliatifs où tout est fait pour que le malade
puisse vivre jusqu'au bout mais sans souffrir.
La logique économique conduira probablement à une élimination
de ceux qui coûtent à la société. Or plus une personne
vieillit, plus ses dépenses de santé sont élevées
(et donc le coût pour l'Etat aussi).
Le suicide
La France a un taux de suicide parmi les plus élevés du monde: 15000 à 20000 chaque année. L'OMS a mis en évidence la très inquiétante augmentation du taux de suicide dans le monde et plus particulièrement parmi les jeunes. Certains auteurs l'assimilent à une " épidémie émergente ".
Il est nécessaire d'enrayer cette culture de mort et de promouvoir la vie.
La liberté de conscience
Le Parlement européen a adopté le 13 mars une résolution
"anti-religieuse". Sous prétexte de défendre "les
Femmes" contre le fondamentalisme, cette résolution visait en réalité
"la religion", définie comme source de tous les extrémismes
et obscurantismes. Un dossier complet est disponible sur www.cfjd.org. Une intervention
auprès des parlementaires européens s'impose.
Cela montre bien la tendance à restreindre et contrôler la liberté
de religion, sous prétexte de la défense contre les sectes et
les mouvements extrémistes.
La loi anti-sectes votée en 2000 contribue à jeter la suspicion
sur les églises et pourrait conduire à les rendre illégales
si on les accusait de " pressions répétées et sérieuses
". La laïcité est une bonne chose dans la mesure où
elle garantit la liberté de religion sans qu'une religion soit imposée
à quiconque. Mais dans la pratique, il va devenir nécessaire de
mieux protéger ceux qui ont la foi en Dieu des accusations, discriminations
ou suspicions. Les attaques contre les symboles du christianisme se font de
plus en plus fréquentes dans les films ou les publicités.
La France devrait prendre position sur la scène internationale pour protéger
les chrétiens persécutés dans de nombreux pays musulmans.
L'homosexualité
Quand le PACS a été voté, le gouvernement a assuré qu'il n'était pas question d'autoriser l'adoption d'enfant par un couple d'homosexuel. En 2002, c'est maintenant une revendication ouverte de ce lobby qui fera pression sur les parlementaires pour l'obtenir. Ensuite ils demanderont le mariage homosexuel.
La pornographie
La pornographie devient de plus en plus accessible à tous. Une récente étude faite pour le gouvernement a montré en particulier que la majorité des enfants de CM2 avait déjà vu des extraits de films porno, et que cette banalisation du sexe sous une forme bestiale et violente influençait la conception de l'amour des jeunes. Les viols, les agressions sexuelles ou la pédophilie ne feront qu'augmenter si on ne contrôle pas l'accès à la pornographie. Cela dépasse le cadre d'un état, puisque que la télévision par satellite ou internet fournis depuis un pays étranger sont pratiquement intouchables. Il est essentiel qu'une politique de prévention et de protection de la jeunesse soit mise en place pour que les jeunes puissent utiliser les fabuleuses possibilités d'internet sans danger (à domicile, dans les collèges, universités ou bibliothèques). Notre pays doit aussi réagir face au tourisme sexuel et l'exploitation des enfants dans le monde.
La drogue
Il faut s'attendre à des pressions pour libéraliser certaines
drogues, et introduire une distinction entre des drogues " douces "
(donc dépénalisables) et des " dures " (condamnables).
C'est toujours la même technique qui est utilisée pour faire accepter
une chose jusque là condamnée, à l'opinion publique: elle
consiste à expliquer que tout n'est finalement pas mauvais, qu'en fait
il y a même une partie positive, bonne et qu'il faut libérer, promouvoir,
et qu'il y a bien sur l'autre partie qui elle doit être condamnée.
Une fois cette division acceptée, on déplace petit à petit
la limite de façon à faire passer des comportements condamnables
à des comportements tolérables ou acceptables. Le commerce de
la drogue est mondial et gigantesque.
En Afrique du Sud, la Cour constitutionnelle a décidé de ne pas
décriminaliser l'utilisation de la marijuana (janvier 2002). CFT luttera
pour que la drogue ne soit pas dépénalisée comme l'a fait
Docteur For Life en Afrique du Sud.
Promouvoir la famille
Face à l'insécurité, au manque de valeurs et de respect des jeunes, on accuse souvent les parents. Mais on ne peut pas d'un côté permettre que l'image de la famille soit tournée en dérision dans les médias, les radios, les films, etc, et ensuite s'étonner de la difficulté que les parents ont à transmettre des valeurs à leurs enfants! Si nos gouvernants ne croient plus au modèle familial (un homme et une femme mariés avec leurs enfants), alors l'Etat devra se charger de l'éducation et le passé a démontré combien cette tache est difficile pour la collectivité, alors qu'elle est plus naturelle à l'échelle de la famille. Promouvoir une relation conjugale stable, le mariage et une image positive de la famille et de son rôle est indispensable. Trop de contemporains sont dépassés et ne savent plus quoi faire. Des projets d'école des groupes de partages de parents chrétiens pourraient permettre de les aider.
Les autres sujets de société
La violence à l'école, l'éducation, la prévention
du SIDA, la pédophilie, sont également autant de sujets sur lesquels
CFT et les membres de Chrétiens pour la Vérité doivent
interpeller les candidats.